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Dans son
rapport économique de 2010, la Chambre Arabo-Suisse du Commerce et
de l’Industrie estime que l'économie arabe reste prometteuse, malgré
la crise financière.
La Chambre
Arabo-Suisse du Commerce et de l’Industrie vient de publier la 32ème
édition
de son rapport annuel ¨Annual Directory 2010¨.
Le Directory est une source importante d’informations sur une région
qui joue et continue de jouer un rôle de plus en plus considérable
dans l’économie mondiale.
Dans son intervention lors de l’Assemblée Générale de la Chambre
Arabo-Suisse du Commerce et de l’Industrie, en avril dernier, M.
Gerold Bührer, Président de la Fédération des entreprises suisses (economiesuisse),
a évoqué le rôle croissant de l’Asie et du Moyen-Orient dans
l’économie mondiale en comparaison avec les plus grands blocs
économiques mondiaux, tels que l’Europe, l’Amérique du Nord et
l’Amérique Latine.

Le Directory
passe en revue la situation économique par secteur de chaque pays
membre de la Ligue des États Arabes, ainsi que l’économie suisse. Ce
rapport annuel représente une source d’informations sur
l’environnement économique et légal dans les pays arabes et en
Suisse. C’est aussi un outil de référence pour les entreprises
suisses intéressées par des projets économiques dans le monde Arabe
et les entreprises arabes désirant s’installer en Suisse.
Le lecteur trouvera dans les études incluses
de précieuses informations mises à jour, sur l'évolution de la
région et un aperçu de l'évolution économique des pays arabes ces
dernières années et les récents
projets économiques entrepris, avec en plus les statistiques
des échanges commerciaux entre la Suisse et les pays arabes.
Le Directory est distribué aux décideurs dans
les secteurs publics et privés, aux membres de la Chambre, à toutes
les institutions de promotion à l'importation et à l'exportation, en
Suisse et dans les pays arabes (Fédérations, Chambres de commerce),
ainsi qu’aux Ambassades, Consulats, Missions, etc..
PIB des pays arabes en 2009
L’édition 2010 du Directory révèle qu’en raison de la crise
économique et financière mondiale, la croissance dans la plupart des
pays Arabes, en 2009, est tombée à un niveau plus bas que prévu. A
l’exception des pays du Golfe, frappés de plein fouet par la crise
suite à la chute du prix du pétrole (Emirats Arabes Unis,
Koweït
Arabie Saoudite) et qui affichent
des taux de croissance du PIB négatifs en 2009, entre (-06% et -4%),
les pays arabes ont bien résisté à la crise financière.
Le Qatar a maintenu une croissance économique impressionnante à
9.2%. L’effet de la crise ne s’est pas limité au prix du pétrole.
Les marché des capitaux dans les pays du Golfe et en Egypte ont
souffert énormément, avec des indices boursiers qui ont perdu entre
30% et 40%.

Le monde arabe a perdu près de 3’000
milliards de dollars en raison de la crise financière (chiffre en
mars 2009). En Septembre 2009, les
banques arabes ont déclaré des pertes de près de 4 milliards de
dollars depuis le début de la crise financière mondiale.
Ce
rapport montre le poids important des pays producteurs de pétrole,
dont l’Arabie Saoudite qui occupe la place centrale avec un PIB de
$379.5 milliards, suivie des Emirats Arabes Unis avec un PIB de
$228.6 milliards, et aussi de l’Egypte avec un PIB estimé à $188
milliards en 2009.
Le Liban est l'un des sept pays au monde
dont la valeur de la bourse a augmenté en 2008, et sur lequel la
crise financière mondiale et la récession n'ont eu qu’un impact
limité sur son économie. Les services financiers ont continué à
croître presque sans relâche dans un environnement d'amélioration
des conditions de sécurité. Le PIB réel devrait croître d'environ 7%
en 2010. L'inflation en diminution, est susceptible de rester
faible.
Les marchés boursiers
Ce rapport révèle l’importance du marché
boursier saoudien dans le monde arabe, avec une capitalisation
boursière totale évaluée à près de US$ 650 milliards à la fin de
l'exercice 2005. Le marché boursier, le Tadawul, a été frappé plus
qu'on ne l'imagine - et pour des raisons qui ne sont pas
immédiatement évidentes. Alors que la crise s’intensifie, le Tadawul
All Share Index (TASI) a diminué par rapport aux niveaux moyens de
11000, pour la plupart de l'année 2007, pour s'installer dans une
gamme de 4000-5000 au début de 2009.
GCC Stock Exchanges
|
Country Index |
2007 |
2008 |
June 2009 |
|
Market index |
%
change |
Market index |
%
change |
Market index |
%
change |
|
Bahrain (BAX)
|
2,755.27 |
24.2%
|
1,804.07 |
-34.5% |
1,581.67 |
-12.3% |
|
Kuwait (KSE) |
12,558.90 |
24.7%
|
7,782.60 |
-38.0% |
8,080.30 |
3.8% |
|
Oman (MSM) |
9,035.46 |
61.9%
|
5,441.12 |
-39.8% |
5,612.21 |
3.1% |
|
Qatar (QE) |
9,580.45 |
34.3% |
6,886.12 |
-28.1% |
6,491.65 |
-5.7% |
|
Saudi Arabia (TASI) |
11,038.66 |
39.1% |
4,802.99 |
-56.5% |
5,596.46 |
16.5% |
|
UAE (ADI) |
4,551.80 |
51.7%
|
2,390.01 |
-47.5% |
2,631.32 |
10.1% |
|
UAE (DFMI) |
5,931.95
|
43.7% |
1,636.29 |
-72.4%
|
1,784.45
|
9.1% |
Source: Qatar
National Bank
La Bourse
égyptienne a été la première à souffrir en raison de l'effondrement
des marchés boursiers étrangers. Comme la plupart des grandes
sociétés égyptiennes sont cotées sur les marchés étrangers, en
particulier ceux de Londres et de New York, leurs actions ont
diminué avec l'effondrement qui a frappé ces marchés. Ainsi l’indice
égyptien ¨Cairo and Alexandria Stock Exchange (CASE)¨, devenu ¨Egyptian
Exchange (EGX)¨ a enregistré des pertes sévères, passant de 2’727,7
points en août 2008 à 1’556,7 points en novembre 2008.

Les
fameux fonds souverains
La perte des
pays arabes pétroliers s’est intensifiée en raison de grands
investissements effectués à l’étranger, notamment aux Etats-Unis, le
pays qui émet le plus de Bons du Trésor, pour financier ses dépenses
à travers les dettes externes. Notre rapport donne des informations
très détaillées sur les fonds souverains qui ont subi des pertes
considérables suite à la crise financière. Sur un capital mondial
estimé à plus de US$ 3’800 milliards, le rapport estime à 40% la
part de l’ensemble des fonds souverains des pays Arabes, dont les
Emirats Arab Unis, le Koweït
et l’Arabie Saoudite représentent la part de lion.
|
List of Arabian
Sovereign Wealth Funds |
US$ Billion |
Origin |
Established |
|
Algeria -
Revenue Regulation Fund |
47 |
Oil
|
2000 |
|
Bahrain -
Mumtalakat Holding Company |
14 |
Oil |
2006 |
|
Kuwait
Investment Authority |
202.8 |
Oil |
1953 |
|
Libyan
Investment Authority |
70 |
Oil |
2006 |
|
Mauritania -
NFHR |
>0.3 |
Oil, gas |
2006 |
|
Oman Investment
Fund |
- |
Oil, gas |
2006 |
|
Oman - State
General Reserve Fund |
8.2 |
Oil, gas |
1980 |
|
Qatar
Investment Authority |
65 |
Oil |
2005 |
|
Saudi Arabia -
Public Investment Fund |
5.3
|
Oil
|
2008 |
|
Saudi Arabia -
SAMA Foreign Holdings |
431 |
Oil |
- |
|
UAE - Abu Dhabi
Investment Authority |
627 |
Oil |
1976 |
|
UAE - Dubai
World |
- |
Oil |
2006 |
|
UAE - Emirates
Investment Authority |
- |
Oil |
2007 |
|
UAE –
International Petroleum Investment Company (IPIC) |
14 |
Oil |
1984 |
|
UAE -
Investment Corporation of Dubai |
19.6 |
Oil |
2006 |
|
UAE -
Mubadala Development Company |
14.7 |
Oil |
2002 |
|
UAE - RAK
Investment Authority |
1.2 |
Oil |
2004 |
|
Total Arabian
Investment funds US$ Billion |
1520 |
|
|
|
Total world US$
Billion |
3824 |
|
|
|
Arabian Funds %
of World total |
40% |
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Une reprise en 2010 ?
Selon le rapport, les pays Arabes ont
bien surmonté la crise. La plupart des
économies de la région devraient profiter d'une reprise en 2010 en
raison de la stabilisation des prix du pétrole et de l'augmentation
de la production par l'OPEP.
Le rythme de
la croissance économique au Moyen-Orient s’est arrêté brutalement en
2009. Beaucoup d'économies de la région ont glissé dans la
récession, pour la première fois depuis de nombreuses années, en
raison du ralentissement de l'économie mondiale et la chute du prix
du pétrole.
Mais, toutes les économies n’ont pas été
touchées par la crise de la même façon. Alors que certains ont
chuté, d'autres, comme le Qatar, ont prospéré, en raison de la forte
demande pour son gaz. La question aujourd'hui est de connaître la
rapidité avec laquelle les pays les plus touchés récupéreront de
cette crise en 2010, et à quel point la reprise sera durable.
Pour de
nombreux pays, la première cause de la forte baisse de la croissance
de leur produit intérieur brut (PIB) au cours de l'année écoulée est
la réduction de la production par l'OPEP et la baisse du prix du
pétrole. Huit pays de la région sont membres de l'OPEP, y compris
les économies clés telles que l'Arabie Saoudite et les Émirats
Arabes Unis.
Diversification de l’économie:
Le
rapport souligne les efforts inlassables des
pays producteurs de pétrole pour diversifier leurs économies. A
l’instar de Dubaï, les pays pétroliers ont tous commencé des
programmes pour diversifier leurs économies.
Les E.A.U ont une économie ouverte avec un
revenu par habitant élevé et un excédent commercial annuel
considérable. Les efforts de diversification économique ont réduit
la proportion du PIB fondée sur la production de pétrole et de gaz,
à 25%. Les zones de libre-échange - offrant 100% de propriété
aux étrangers et l’exonération d’impôts - contribuent à attirer les
investisseurs étrangers.
Le Royaume de l’Arabie Saoudite a
l'intention de diversifier son économie à travers un plan financé en
grande partie par les énormes réserves résultant du boom pétrolier
des cinq dernières années. Conçu
comme un moyen de lutter contre les effets de la crise financière et
de favoriser la croissance des industries non pétrolières, le
dernier budget - le plus important dans l'histoire du pays - se
concentre sur des projets d'infrastructure à grande échelle et
d'assurer la continuité du niveau de vie élevé grâce à l’investissement
dans la santé et l'éducation. Le ciment,
les services et les télécommunications sont également des domaines
importants de l'investissement public. Les services et les
télécommunications sont censés enregistrer des taux de croissance
impressionnants - jusqu'à 11% - en 2009.
L'économie du Qatar est devenue l'une des plus fortes économies
dans le monde, en termes de croissance, au cours des dernières
années. Comme la plupart des autres pays du Golfe, la
diversification économique demeure une priorité absolue et les
secteurs non pétroliers affichent des chiffres de croissance
prometteurs. Dirigée par l'expansion dans l'immobilier, les services
financiers et l'industrie, entre autres, la croissance
non-hydrocarbures est en hausse de 27,1% en 2007, par rapport à une
croissance de 23,7% dans le secteur pétrolier et du gaz. En effet,
le Qatar vise à augmenter la part du secteur non-énergétique, pour
atteindre 80% de son économie d'ici à 2015. Même sans l'appui du
gouvernement, certains secteurs, tels que l'immobilier, semblent
prêts à profiter de la croissance soutenue grâce à l’accroissement
rapide de la population. Le tourisme représente un autre domaine à
fort potentiel étant donné l’identité du Qatar en tant que centre
d'affaires et de tourisme culturel.
Le
Royaume de Bahreïn, qui occupe déjà une place centrale pour le
secteur bancaire dans le Golfe, est un centre pour la finance
islamique d'un capital total de US$ 800 milliards, ce qui séduit le
cadre réglementaire solide de ce secteur. A long terme, Bahreïn veut
devenir un hub pour le secteur bancaire (Banking Hub).
Bahreïn vise à devenir le centre de
fabrication du Golfe. La ville industrielle (Hamad), qui sera
inaugurée prochainement par le roi Hamad II, ajoutera une nouvelle
dimension aux projets en cours visant à attirer les investissements
étrangers dans les secteurs manufacturiers et de la logistique.
Environ US$ 7,6 milliards de dollars ont été injectés dans des
projets industriels, y compris la zone industrielle Hidd, à Bahreïn
Investissement Wharf (BIW) et Bahrain
International Investment Park (BIIP). Au minimum 27’000 emplois
devraient être créés, en fournissant une plate-forme solide pour une
base de production durable, en accord avec le plan stratégique du
Royaume de Bahreïn à l’échelle de 2030.
Le
Sultanat d’Oman a
poursuivi activement un plan de développement qui met l'accent sur
la diversification, l'industrialisation et la privatisation, avec
pour objectif de réduire la contribution du secteur pétrolier au
PIB, de 9% en 2020. Le tourisme et les industries du gaz sont
des éléments clés de la stratégie de diversification économique du
gouvernement.
L’Afrique du Nord
Contrairement aux pays du Golfe, où plusieurs
grands programmes immobiliers ont été mis en place depuis quelques
années, une série de projets de grande envergure sont en cours en
Egypte, Algérie et Tunisie. Actuellement les pays du Maghreb
attirent des investissements au secteur foncier venant des pays de
Golfe.
L’Algérie
cherche maintenant à relancer son appel international au-delà de son
secteur des hydrocarbures. A Alger, des travaux sont en cours sur le
site de Dounya, un parc de 4,5 kilomètres carrés, qui sera entouré
par des résidences de luxe, des bureaux et des centres commerciaux.
Ce projet de US$ 5,2 milliards de dollars est en cours d'élaboration
par l’entreprise Emirates International Investment Company (EIIC)
basée à Abu Dhabi.
L’énergie renouvelable
Les pays du Maghreb sont en train de devenir une destination
principale pour les investissements en matière d’énergies
renouvelables.
En Algérie le projet «énergie solaire du Sahara pour l'Europe»
est un plan ambitieux visant à utiliser le désert du Sahara en tant
que source d'énergie solaire pour l'Europe. Des autres projets sont
également prévus au Maroc et en Tunisie.
Les pays de Golfe, un modèle de développent à suivre
A l’instar des grands projets dans les pays de Golfe, certains pays
du Moyen Orient ont commencé à suivre l’exemple en se lançant dans
la construction d’îles artificielles afin de consolider leur secteur
touristique et exploiter le potentiel de leur zones côtières au
large de la Méditerranée.
En Syrie, une entreprise libanaise
« Noor International » a présenté des propositions aux autorités
syriennes pour un projet d’une île artificielle au large de la côte
syrienne avec un investissement estimé à US$ 10 milliards de
dollars. Le projet «Arab Stars Islands» se compose de deux îles
artificielles en forme de deux étoiles représentant le drapeau
national syrien, sur une superficie totale d'environ 907.000 mètres
carrés, offrant des complexes résidentiels et commerciaux, des
hôtels et des installations de loisirs.
Au Liban, le projet de construction de l’Ile artificielle de
Cedar estimé à US$ 8,2 milliards de dollars attend l'approbation du
gouvernement. Cette île, en forme de cèdre, sera située au sud-ouest
de Beyrouth. Selon l’entreprise « Noor International », les travaux
seraient réalisés en quatre ans et fourniraient des logements pour
40.000 personnes.
Les relations
économiques entre la Suisse et les pays Arabes
Le volume du
commerce suisse avec le monde arabe a atteint, en 2009, près de CHF.
10,6 milliards de francs suisses (environ US$10 milliards), ce qui
représente 3% du volume total des échanges de la Suisse avec le
monde, estimés à près de CHF. 356 milliards de francs suisses
(environ US$ 340 milliards). Représentant plus de 60% sur le volume
total des échanges entre la Suisse et les pays arabes, les
principaux partenaires commerciaux sont les Émirats Arabes Unis (CHF.
2,76 milliards), l’Arabie Saoudite (CHF. 1,75 milliards), la Libye (CHF.
873,9 millions), l'Egypte (CHF. 765,6 millions) et le Liban (CHF.
603.7 millions).
Plus d’une centaine d’entreprises
suisses sont établies dans différents pays arabes, dont : Novartis,
Nestlé, Holcim, ABB, Clariant, Bühler, SGS, Ciba Vision, Roche, Hero,
UBS, CS-Groupe, etc.
Il existe un potentiel pour une
coopération accrue dans le secteur du textile. Autres domaines de
coopération : l’agroalimentaire (fruits et légumes), la
transformation des aliments et les sciences de la vie.
La Libye est un partenaire
économique important de la Suisse et son principal fournisseur de
pétrole brut. La Libye est l'un des
cinq principaux marchés d'exportation des produits suisses sur le
continent africain.
Les Émirats Arabes Unis sont le plus
important partenaire commercial arabe de la Suisse.
En 2005, la Suisse a ouvert un
«Swiss Business Hub» à Dubaï.
La Suisse est une
destination appréciée des touristes en provenance des Émirats Arabes
Unis et, inversement, les Émirats sont maintenant une destination de
vacances appréciée des Suisses.
Après les Emirats Arabes Unis, l'Arabie
Saoudite est le deuxième partenaire commercial important au
Moyen-Orient. Les relations économiques entre la Suisse et l'Arabie
Saoudite sont très intenses. Genève
et ses environs restent une destination touristique appréciée des
visiteurs en provenance d'Arabie Saoudite, et un grand nombre de
Saoudiens font leurs études en Suisse.
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